Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/153

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portait dans sa coiffure une longue mèche en filet rouge sortant de dessous son mouchoir et tombant jusqu’au-dessous du mollet.

On nous loge dans une autre maison : vieille femme à cheveux noirs, nez fin, figure aristocratique. Combien n’y a-t-il pas de marquises nées, qui pataugent nu-pieds dans la crotte !

Le chien d’un de nos gendarmes aboie contre les passants, mais se cache et se réfugie sous les jambes du cheval de son maître lorsqu’il aperçoit plusieurs chiens.

Pendant que le porc et les dindons mangeaient et se pavanaient, il y avait, assis sur son train de derrière et les contemplant, un chien jaune, flegmatique, à museau noir.

Logitzanika, 7 heures et demie.

Vendredi 31. — La vallée ne finit pas tout de suite, fermée en cul-de-four, comme il m’a semblé hier de loin, à cause du mamelon qui paraît la boucher et sur lequel est Logitzanika. Le Taygète, à gauche, s’abaisse, et les montagnes qui sont à droite se rapprochent et s’abaissent aussi. Petits cours d’eau sortant de dessous l’herbe, cascades d’un pied de haut, arbustes, ligaria, etc., bassins successifs. On va dans une succession de petites gorges couvertes de chênes nains ; le chêne nain compose à lui seul les trois quarts et demi de la végétation du Péloponnèse. Quelques arbousiers, rares.

Nous passons un torrent, nous quittons la gorge qui s’étend devant nous et nous en prenons une qui est de suite à gauche. De temps à autre, parmi les chênes nains, un chêne ; il est sans feuilles, celles