Page:Flaubert - Salammbô.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



V

TANIT.




Quand ils furent sortis des jardins, ils se trouvèrent arrêtés par l’enceinte de Mégara. Mais ils découvrirent une brèche dans la grosse muraille, et passèrent.

Le terrain descendait, formant une sorte de vallon très large. C’était une place découverte.

— Écoute, dit Spendius, et d’abord ne crains rien !... j’exécuterai ma promesse…

Il s’interrompit ; il avait l’air de réfléchir, comme pour chercher ses paroles.

— Te rappelles-tu cette fois, au soleil levant, où, sur la terrasse de Salammbô, je t’ai montré Carthage ? Nous étions forts ce jour-là, mais tu n’as voulu rien entendre !

Puis d’une voix grave :

— Maître, il y a dans le sanctuaire de Tanit un voile mystérieux, tombé du ciel, et qui recouvre la Déesse.

— Je le sais, dit Mâtho.