Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/120

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96 LITTÉRATURE ORALE

— Non. On fit chauffer des fers tout rouges et on les approcha de la joue. Le môron se mit à suer, mais il ne lâcha pas prise, pourtant cela finit par l'ennuyer, il sauta à terre et on le tua.

— Ah! çà, toi qui sais tout, explique-nous donc ce que c'est que ces crapauds que les petits garçons vont battre à l'église le mercredi, le jeudi et le vendredi saint?

— Tu sais bien qu'il n'y a pas là de crapauds, mais de vieux bancs que les uns battent à grands coups de maillets, tandis que les autres font un tapage infernal en faisant tourner leurs bries, leurs grues, comme tu voudras les nommer.

— A la ville on appelle cela des crécelles.

— A la bonne heure; mais ça ne nous dit pas pourquoi on va faire tout ce tapage-là dans l'église, après l'office de ténèbres.

— On m'a dit que c'était pour signifier les éclairs, les tonnerres, le désordre qu'il y eut dans la nature à la mort de Notre Seigneur ; je n'en sais pas plus long.

— Mais pourquoi nomme-t-un cela 'capuchiéi les crapauds ?

— Je l'ai demandé à de plus savants que moi, qui n'en savaient rien.