Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/150

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126 LITTÉRATURE ORALE

— Mais où comptez-vous passer la nuit ?

— Dans le bois probablement. Je ne connais personne dans le pays et je n'ai pas d'argent.

— Il y a dans le voisinage une maison où nous savons qu'on nous donnera l'hospitalité. Venez avec nous.

— Ce n'est pas de refus, Messieurs, si vous voulez bien me prendre sous votre protection.

Arrivés à la maison hospitalière, les deux prêtres présentent leur compagnon.

— Lui permettez-vous de coucher ici ?

— Avec plaisir.

On soupe, puis on assigne une chambre au jeune homme, en lui recommandant bien de souffler sa chandelle aussitôt qu'il sera couché.

— Je crains le feu, lui dit son hôte.

La soirée était belle. Une fois dans sa chambre, le jeune homme se met à la fenêtre en bénissant Dieu de l'avoir arraché à un si grand danger et de lui avoir procuré un bon gîte. Il entend alors les chiens qui causent entre eux, leur conversation l'intéresse et il oublie de souffler sa chandelle.

Le maître de la maison qui voit cette lumière se fâche.

— Comment ! ce jeune homme n'est pas