Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/35

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DE LA BASSE-NORMANDIE II

parvint bientôt à un lieu où le sol était de roche dure, comme les parois et la voûte. A un certain moment, elle vit le chemin se rétrécir et se dit avec terreur qu'elle s'était peut-être engagée dans une impasse. Elle ne tarda pas à reconnaître qu'elle s'était trompée : il y avait un passage, seulement il était tellement bas et étroit qu'il lui fallut ramper. Ce qui l'encouragea à avancer, ce fut une lueur qu'elle aperçut au fond. La caverne avait donc une issue, mais elle pouvait offrir des rétré- cissements qu'il serait impossible de franchir. L'es- pace se resserrait rapidement , il lui fallut ramper encore une fois; au moment où la caverne s'é- largit, elle sentit l'air vif et reconnut que la mer, — car c'était bien elle qu'elle avait entendue, — n'était plus qu'à une faible distance.

Dans le dernier passage, ce qui lui restait encore de chandelle s'éteignit, mais elle n'en avait plus besoin : le jour apparaissait en une ligne blanche encore, obscurcie par la nuit qui s'effaçait. La galerie souterraine dans laquelle elle se trou- vait, s'ouvrait sur la Manche et n'était autre que cette caverne située sous le Càtet dont nous avons parlé en commençant. Colombe la connaissait bien, elle s'y était arrêtée nombre de fois à pêcher