Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/86

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62 LITTÉRATURE ORALE

— Elle obéit et s'en trouva bien. Huit jours après son fils était sauvé.

— Bonnes gens, si nous achevions notre be- sogne? dit le propriétaire du sarrasin.

Tout le monde se leva, au grand désappoin- tement des enfants que ces histoires intéressaient. On but encore une tournée de cidre et l'on se remit à l'ouvrage.

Les fées de la Basse-Normandie sonl les mêmes que celles de la Bretagne, et les actes qu'on leur attribue dans les deux pays sont tout à fait analogues.

L'épreuve tentée pour reconnaître le petit fètet ne difFère que par les détails. Dans un chant breton qui figure dans le recueil de M. de la Villemarqué, une femme, qui croit voir un fètet dans un enfant qu'elle élève depuis longtemps sans qu'il grandisse, feint de préparer dans une seule coque d'œuf le repas de dix laboureurs.

— Pour dix dans une seule coque, ma mère ! s'écria Tenfant.

« J'ai vu l'œuf avant de voir la poule blanche, j'ai vu le gland avant de voir l'arbre. J'ai \-u le gland et j'ai vu la gaule, j'ai vu le chêne au bois de Brézal, mais je n'ai jamais vu pareille chose...»

La tradition que Mademoiselle Bosquet rapporte dans sa Nor- mandie romanesque et merveilleuse, tient le milieu entre celle de M. de la Villemarqué et la nôtre.

La femme casse une douzaine d'œufs et en range les coques devant le feu ; l'enfant s'écrie :