Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/88

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64 LITTÉRATURE ORALE

Hague, à Auderville , il s'appelle drôle, nom qui n'est autre que troll prononcé à la française, et, dans le reste de la province, goublin, mot iden- tique à l'anglais « gobelin ». Dans l'Europe méri- dionale, le goublin est un lutin.

Le goublin n'est pas méchant, il est espiègle. Le jour, il prend toutes sortes de formes. C'est un gros chien qui vient se chauffer au coin du feu, c'est un lièvre ferré qui se promène sur un pont, c'est un cheval blanc qui apparaît dans le pré, c'est un gros matou noir qui ronronne près du feu et se laisse parfois caresser.

Le goubhn du Val-Ferrand, à Gréville, appa- raissait ordinairement sous la forme d'un lièvre familier. Il venait se chauffer au feu pendant qu'on cuisait le soir la chaudronnée de pommes de terre. Il assistait à la fabrication du pain, et, à chaque cuisson, on lui faisait une galette que Ton mettait en dehors de la fenêtre. Si on l'oubliait, on en avait pour quinze jours de tapage dans la maison. Ceci se passait il y a environ soixante ans.

Le lutin du fort d'Omonville-la-Rogue était encore plus familier, mais il était aussi plus espiègle. C'était parfois un mouton blanc; d'au- trefois un petit chien qui se couchait sur la jupe