Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
10
LITTÉRATURE ORALE

On eût dit la mer s’engouffrant dans les fentes d’une falaise. Cependant de l’église de Gréville à la mer, il n’y a guère moins d’une demi-lieue. Comment supposer qu’on pût entendre la mer de si loin ?

Pendant que la jeune fille se tenait là étonnée, hésitante, elle entendit qu’on cherchait tout doucement à forcer la porte de la chambre où elle s’était renfermée. Elle prit brusquement sa résolution. Elle était bien décidée à ne pas revoir le prêtre. Il allait entrer cependant, car la porte ne pouvait offrir une longue résistance. Elle remonte l’escalier qu’elle a parcouru, referme la porte secrète, redescend et franchit les débris de la vieille porte qui fermait si mal l’entrée de la cave du côté où l’on entendait de sourds mugissements.

Elle reconnut bientôt que ce souterrain se prolongeait fort loin. Elle s’y engagea en abritant de temps en temps sa chandelle de la main pour la protéger contre un courant d’air qui devenait plus vif par rafales. La voûte était rocailleuse et suintante, c’était une voûte naturelle et non travaillée de main d’homme. Au début, elle marcha sur un terrain humide et glissant, mais elle