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DE LA BASSE-NORMANDIE

de la jeune fille de la maison et se faisait traîner. La nuit, on l’entendait tourner le rouet, laver la vaisselle. Dans la cour, c’était souvent un veau que l’on voyait apparaître à l’improviste. D’autres fois, c’était un lièvre qui s’amusait tout à coup à partir au galop avec du feu sous le ventre. Parfois c’était un gros chien noir, qui faisait sa ronde le soir en grondant. La jeune fille s’était prise d’amitié pour lui ; il s’amusait à lui jouer toutes sortes de tours plaisants. Elle voyait à terre un peloton de fil, par exemple, elle le ramassait en se reprochant sa négligence ; tout à coup le peloton de fil éclatait de rire dans ses mains et sautait à terre. C’était le goublin qui s’ébattait. Chez les Fleury de Jobourg, le goublin prenait ordinairement la forme d’un lièvre familier qui se laissait caresser comme un chat.

La présence d’un goublin indique généralement le voisinage d’un trésor. Tout trésor oublié depuis cent ans est placé sous la surveillance d’un goublin. Mais le trésor peut être révélé aussi par d’autres indices. Dans un herbage voisin du hameau Fleury, à Gréville, près d’une de ces colonnes de pierre que l’on place au milieu des champs pour que les bestiaux viennent s’y frotter