Page:Fonson, Wicheler - Le Mariage de mademoiselle Beulemans, 1910.djvu/71

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BEULEMANS

Mais votre mère, vous savez, est restée encore très jeune aussi. Elle a des bras comme une jeune fille. Tenez l’autre jour quand on est allé au bal dix-huitième siècle de la Grande Harmonie, dans son costume de Madame de Sévigné, avec ses cheveux poudrés et son col de dentelle et sa mouche sur le côté, je vous assure qu’elle avait tout à fait l’air d’un de ces tableaux que nous avons vus quand nous sommes allés chez votre oncle de Saint-Quentin.


SUZANNE

Och ! oui… un Latour.


BEULEMANS

Oui, elle avait l’air d’un Latour. Et tenez, ce soir-là de la Grande Harmonie, vous n’avez pas vu comme cet officier d’ordonnance du prince Albert la regardait ? La moutarde commençait même à me monter au nez. Je ne suis pas jaloux et j’ai confiance dans votre mère ; mais enfin, je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un imbécile. J’ai une fois regardé ce capitaine bien dans le blanc des yeux et j’allais lui demander ce qu’il avait sur Hortense, quand il est venu auprès de moi, parce qu’il avait bien vu que je n’étais pas content…


SUZANNE

Et qu’est-ce qu’il vous a dit ?


BEULEMANS

Oh ! oh ! rien du tout… Il était très embêté et il m’a dit : « Est-ce que votre col de chevau-léger ne vous serre pas un peu, Monsieur, car vous êtes si rouge ?… »