Page:Fonson, Wicheler - Le Mariage de mademoiselle Beulemans, 1910.djvu/73

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SUZANNE

Mais oui, amoureux… Seulement voilà… quand on est marié depuis longtemps, on a tellement l’habitude d’être heureux ensemble, qu’on ne se rend plus compte. Il faut un incident pour vous le révéler, car la certitude du bonheur est tout près de l’ennui. Vous êtes trop sûr de votre bonheur. Alors vous ne le sentez plus. Papa, remettez de temps en temps votre costume de chevau-léger. Il allait si bien à maman. Battez-vous pour elle, mais ne vous disputez plus avec elle. Toutes ces chamailleries sont bêtes ! Il n’y a rien dedans. Vous discutez pour un bouton de col ou pour un bec Auer. Qu’est-ce que c’est dans la vie un bouton de col et un bec Auer ?


BEULEMANS

Rien du tout… au fond.


SUZANNE

Eh bien, père, soyez gentil avec mère, ne discutez plus, donnez lui raison… Ça vaut mieux.


BEULEMANS

Oui, ça vaut mieux…

(Il embrasse sa fille.)