Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/122

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À ce moment, deux ombres surgirent d’une dépression de terrain, deux ombres qui semblaient ramper pour se rapprocher d’elle.

Mademoiselle Monistrol, occupée à chercher son chemin, ne vit pas tout d’abord ces deux ombres suspectes, ou si elle les vit, elle ne remarqua point qu’elles avaient forme humaine, et elle se remit à avancer lentement.

À cet endroit, commençait une côte en pente douce et Camille espérait qu’en montant elle finirait par apercevoir un point de repère qui lui permettrait de s’orienter.

Elle n’alla pas loin. Un léger bruit la fit tressaillir. Il lui sembla qu’on marchait derrière elle sur la route et elle se retourna vivement pour faire face à ceux qui la suivaient. Mais elle n’eut pas le temps de se mettre en défense.

Deux hommes se jetèrent sur elle ; l’un la prit par le cou, l’autre la prit à bras le corps, et elle entendit ces mots :

— Tiens bon ! je vas lui passer le collier, et quand je l’aurai enlevé sur mon dos, tu barboteras les poches.

Camille, en se débattant, pressa machinalement la détente de son revolver ; le coup partit et la balle se perdit dans le vide.

— De quoi ? le pante qui fait le méchant ? reprit un des malandrins. Attends un peu que je le prive de ce joujou-là.

Et d’un coup de bâton vigoureusement appliqué sur le pistolet que tenait la malheureuse jeune fille, il le fit sauter à dix pas, pendant que son complice la serrait à l’étouffer.

Camille poussa un cri, un seul. Elle sentit qu’on lui jetait une courroie autour du cou et elle crut qu’elle allait mourir comme son père, étranglée. L’idée que cet assaillant