Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/136

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Après avoir manqué la comtesse de Lugos à la sortie du café des Ambassadeurs, Alfred de Fresnay avait feint d’en prendre son parti, mais au fond, il n’était pas content. Cette énigmatique personne réalisait précisément le type qu’il cherchait et il aurait voulu brusquer l’aventure, car il n’aimait pas les amourettes qui traînent en longueur.

Il s’en alla donc, assez vexé d’être obligé d’attendre au lendemain pour revoir la belle aux cheveux d’or, et lorsqu’il était de mauvaise humeur, il cherchait volontiers des distractions sur le choix desquelles il ne se montrait pas difficile.

Aussi essaya-t-il d’abord d’entraîner son ami Gémozac au café Américain, où les viveurs de sa trempe trouvent toujours à passer quelques heures en joyeuse compagnie.

Ce restaurant de nuit est plein de demoiselles qui y viennent pour souper, sans savoir avec qui elles souperont. Mais Julien était blasé sur les plaisirs qu’on y prend, et, ce soir-là, il tenait moins que jamais à régaler des