Page:Fosseyeux - Les Écoles de charité à Paris, 1912.pdf/32

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d’hui pour nous dispenser d’en étudier les origines et le fonctionnement. Nous n’envisagerons leur action que sur les écoles. Il n’est pas douteux qu’elles aient reçu leur impulsion, comme beaucoup d’autres œuvres, du grand mouvement de charité suscité dans la capitale par Vincent de Paul et ses disciples. Il a tracé lui-même des règlements modèles qui furent copiés ou imités dans la plupart des paroisses.

Mais Vincent de Paul, si nous en croyons son biographe Abelly[1], n’était pas homme à manquer de « discrétion et de prudence » dans ses projets. Lorsque Mlle Le Gras, la fondatrice des Filles de la Charité, voulut ouvrir une classe gratuite pour les filles pauvres du quartier Saint-Lazare, où elle venait d’établir sa communauté[2], elle se garda bien de le faire sans le consentement du grand chantre, Le Masle des Roches, qui accorda son autorisation le 29 mai 1641. Il s’agissait plutôt d’un catéchisme et de pieux exercices que d’une véritable école. Cependant, dès cette époque, Vincent de Paul fixait à ses « filles » leur mission : « Vous devez vous instruire, disait-il dans une conférence du 16 avril 1641, pour devenir capables d’enseigner les jeunes petites filles ; c’est à quoi vous devez vous rendre bien soigneuses, puisque c’est un des deux desseins que vous devez avoir en vous donnant à Dieu. »

Dans d’autres paroisses, de pieuses personnes léguaient, vers la même époque, des sommes plus ou moins importantes, soit aux Charités déjà existantes, soit à des confréries chargées des œuvres d’assistance pour l’instruction des enfants pauvres. A Saint-Eustache, Claire Rouillé, femme de Jean Tronson, seigneur du Coudray, conseiller du roi et correcteur des comptes, léguait en 1631 à la confrérie du Bon-Secours 200 livres de rente pour assister les malades nécessiteux et faire instruire quelques pauvres petites filles ; en 1642, Louise Bellanger,

    1906, in-8°. — Léon Cahen, les Idées charitables à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, d’après les règlements des Compagnies paroissiales, dans la Revue d’histoire moderne, t. II, 1900-1901. — Pelleport-Burète, Essai sur l’organisation charitable des paroisses de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans la Réforme sociale, 1895.

  1. Vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul. Paris, 1664, in-4°.
  2. Rue Saint-Denis, dans la maison achetée par Vincent de Paul à Jean Desmarets et Claude Sadot, en face Saint-Lazare, d’abord louée à Mlle Le Gras, qui l’acheta pour 17,050 livres le 1er avril 1653 et qui resta la maison-mère jusqu’à la Révolution (Arch. nat., S. 6160).