Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/129

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ÉLARGISSEZ-VOUS LE FRONT ! [1]

Je croyais avoir, en de récents articles, marqué suffisamment jusques à quel point, malgré toute mon admiration pour le génie allemand, je lui préfère cependant, pour une foule de raisons, le génie français. Mais il paraît qu’il est des gens durs d’entendement. Puisqu’il faut y revenir une fois de plus, revenons-y donc : et n’en accusez, vous tous, que mes contradicteurs !

J’ai soutenu, il est vrai et je le confesse, que les Allemands, depuis cent ans et davantage, avaient fait infiniment pour le progrès du monde. Sans me dissimuler en rien leur défauts ; lourdeur, obscurité, pédantisme, etc., j’ai cru voir en eux, selon l’expression de Renan, « les grands initiateurs de l’investigation scientifique », c’est-à-dire du principe qui est à la fois à la base, au centre et au sommet de toute l’activité moderne, tant intellectuelle que matérielle. J’ai cru que pour avoir trouvé ce principe, qui devait comme vous savez « renouveler la pensée de l’homme » (TAINE) et changer la face du monde, ils méritent véritablement d’être tenus pour les créateurs de

  1. Action, 19 décembre 1914.