Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/72

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CHEZ. M. L.-O. DAVID

bien faire pour vous. Il y a, dans les livres que j’ai déjà publiés, des pages d’assez belle venue, je dois le dire, mais qui sont aujourd’hui presque complètement oubliées. Je vais, si vous le voulez, vous en signaler quelques-unes ; vous y changerez les dates, vous y ferez un commencement et une fin, et chacun se dira : « Ma foi, voilà un article qui n’est pas trop mal. »

— Vous êtes trop modeste.

— Je le crois sincèrement.

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De retour au bureau, je m’empressai de donner au typo les passages que m’avait indiqués M. David. Voici l’épreuve qui me revint :

Il (Chamberlain, rencontra chez les représentants du Canada et de l’Australie (en 1902) une résistance qui le déconcerta. La position sympathique que Laurier avait prise à l’égard de l’Angleterre sur la question du Transvaal et de l’envoi des contingents ainsi que sur le tarif de faveur, lui avait donné des espérances. Mais fidèle au programme qu’il s’était tracé et aux déclarations qu’il avait faites, devant le Parlement, Laurier refusa d’engager le Canada dans la voie de l’impérialisme. Il proclama hautement que le Canada voulait garder toutes ses ressources et ses forces pour le développement de sa prospérité, et ne pouvait se laisser entraîner dans le gouffre du militarisme, mais qu’il était prêt à faire tout ce qu’il était nécessaire pour sa propre défense…

Ces déclarations furent la base des résolutions adoptées par la Conférence impériale.

Chamberlain avait eu recours à toutes les ressources de son intelligence pour engager les représentants du Canada, Laurier spécialement, à modifier leur manière de voir, mais Laurier resta inaccessible à toutes les séductions.

(Laurier et son temps, p. 97.)