Page:Fournier - Souvenirs poétiques de l’école romantique, 1880.djvu/222

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206 HALEVY (LEON)


d’après Hoffmann, le Dilettante d’Avignon, qui, paroles et musique, réussit au Théâtre-Feydeau.

    La collaboration fraternelle ne s’arrêta pas là. Léon s’étant amusé à faire avec Jaime, pour Odry, aux Variétés, la farce du Chevreuil ou le fermier anglais, le futur compositeur de la Juive ne dédaigna pas de noter, pour leurs couplets, une série d’airs nouveaux. 
    Cette bouffonnerie et quelques autres servent de trait d’union entre l’esprit de Léon Halévy et celui de son fils Ludovic, l’un des auteurs d’Orphée, de la Belle Hélène, etc. 

DEO OPTIMO MAXIMO

Dieu de tous les climats, de tout temps, de tout âge,

Toi qui nous créas tous, toi qu’adore à la fois

L’esprit du philosophe et le cœur du sauvage,

Jéhovah, Jupiter, Seigneur, Dieu, Roi des rois !


De ce monde éternel père et souverain maître.

Être si peu compris, et dont la volonté

Borne ma science à connaître

Mon ignorance et ta bonté !


Qui pourtant à mes yeux, dans cette route obscure,

Sur le mal et le bien fais luire la clarté,

Et sous les lois du sort enchaînant la nature,

A l’humaine raison laisses sa liberté !


Ce qu’à mon faible cœur prescrit ma conscience.

Qu’avec amour, grand Dieu, je m’y sente porter!

Fais que je fuie avec constance

Ce qu’elle m’apprend d’éviter !


Fais que toujours soumis, lorsque ta voix ordonne.

J’accepte tous les dons que tu voudrais m’offrir.