Page:François d’Aure-Geneviève ou L'innocence reconnue tragédie, 1670.djvu/102

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Des racines du Bois fraîchement recueillies :

Et criant sa Maman, lui montrait le butin,

Qu'il lui avait acquis au soin de ce matin : 2045 Car c'était seulement de ce repas champêtre,

Que la pauvre Maman avait lieu de se paître.

La Mère en souriant, découvrant ses beaux yeux,

Et jetant vers le Père un regard gracieux,

Lui fit apercevoir qu'au trait de son visage 2050 Dieu en avait béni leur chaste mariage.

La Nature parlant, il reçut par sa voix

Le fruit de son Palais recueilli dans son Bois.

Sentant son cour ardant d'une amoureuse braise,

Il y court, il le prend, il l'embrasse, il le baise : 2055 Et dans ses mouvements le tenant embrassé,

Lui paye l'intérêt des dettes du passé.

Maos cette liberté fit naître une contrainte,

En ces transports d'amour l'enfant tremblait de crainte,

Appelant sa Maman, laquelle s'occupa 2060 À l'instruire en riant, que c'était son Papa.

Mais quoiqu'elle sût dire à voix douce ou sévère,

N'obligea point le fils de connaître son Père :

Il répondit toujours d'un redit gracieux,

Par ces mots répétés : Notre Père est es cieux.

GERTUDE

2065 Ces termes sont le fruit d'une leçon chrétienne.

GERMAINE

.

L'Enfant ne connaissait que la Maman pour sienne.

RODOLPHE

Le Prince en ses bonheurs se résolvant encor

De nous en faire part, prit et mordit son Cor,

Qui nous le fit chercher à course nonpareille ; 2070 Et sa rencontre enfin m'apprit cette merveille.

J'eus encor le plaisir de la tendre façon

Dont la Biche allaitait son petit Nourrisson

Et vis de mes deux yeux une chose nouvelle,

Que la Biche et nos chiens se voyaient sans querelle.

L'AMBASSADEUR

2075 Miracle sur