Page:France - Sur la voie glorieuse.djvu/42

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Voici le sonnet dont il est parlé dans la précédente lettre :

VAUQUOIS

Vauquois ! sombre colline émergeant des guérets,
Nos héros t’ont reprise, un matin pierre à pierre.
Tu te gorgeas de sang, au fracas du tonnerre
Dont le roulement sourd emplissait les forêts.

Colline d’épouvante et pleine de secrets,
Petite dans la paix, énorme par la guerre,
J’irai m’agenouiller sur ta funèbre terre
Et porter aux héros le tribut des regrets.

Un jour que ton sommet se changeait en fournaise,
Ils te prirent d’assaut, hurlant la Marseillaise,
Troupe de lionceaux guidés par des lions.

Dormez, nobles guerriers, sur la noble colline,
La gloire vous a ceints de ses plus purs rayons,
Et la Patrie est là qui vous pleure et s’incline.


Maurice Boigey.