Page:France d’Hézecques - Souvenirs d’un page de la cour de Louis XVI.djvu/7

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II
AVIS AU LECTEUR.

prétention de le penser ; mais ils peuvent avoir cependant leur utilité.

Les mémoires particuliers rendent, d’ordinaire, un double service.

Lorsque leurs auteurs sont placés un point de vue assez élevé pour apercevoir la connexion de certains actes individuels avec des faits d’un intérêt commun, ils éclairent l’histoire générale d’une lumière précieuse.

Si, au contraire, leurs moyens d’appréciation ne leur permettent pas de sortir du milieu auquel ils se trouvent rivés, pour ainsi dire, ces mémoires sont alors comme autant de suppléments aux chroniques nationales, où nous allons puiser les détails intimes qu’écarte la grande histoire.

Nous les lisons, dans le premier cas, pour nous instruire, dans le second pour nous récréer.

Et si ces particularités se rattachent, par hasard, à une époque de transition entre le régime ancien et consacré d’un peuple et ses institutions nouvelles, si elles font connaître dans leur vie privée d’augustes personnages, victimes d’une révolution qui a donné à leur gloire temporelle la consécration du martyre, elles feront plus que nous récréer, elles gagneront notre cœur, ayant pour auxiliaires bien puissants l’amour de la patrie et la majesté du malheur.

Or, tel est le caractère que présentent les Souve-