Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/27

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les mains de ceux qui l’ont acquise ou créée sous la protection de la loi, par leur intelligence et leur activité. Elle pille les caisses des compagnies, elle fait saisir ou mettre en pièces le mobilier des particuliers, elle ordonne la démolition des maisons de ses adversaires, elle supprime des offices qui représentent des patrimoines privés, elle supprime des journaux et ferme des imprimeries, frappant ainsi du même coup la pensée et les intérêts matériels, confisquant en même temps la fortune des patrons et le pain des ouvriers.

Non contente de détruire la propriété ou de la gaspiller au gré de ses passions, la Commune de Paris semble employer tout son pouvoir à l'empêcher de se reproduire. Elle a mis à son usage de telles mesures de police et de tels procédés de gouvernement que l’industrie et le commerce se sont brusquement arrêtés comme le mouvement d’une horloge dont on a brisé le ressort. Les établissements de crédit se sont fermés ou sont restés déserts. Des flots de population, comprenant tous ceux qui n’ont pas été retenus par la force ou par le besoin, se sont précipités vers la province. On dirait une ville ravagée par la peste. L’ordre et le travail, pompeusement promis par le Comité central, dans la journée même du 18 mars, ont disparu avec les fugitifs, et maintenant qu’on a accoutumé les ouvriers à une vie d’aventures, qui pour la plupart