Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/49

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dans celle des guerriers, les sens dans celle des artisans. Il se figurait ces classes d’autant plus liées entre elles, que leurs attributions seraient plus distinctes, et, par conséquent, qu’elles seraient plus nécessaires les unes aux autres. Là est son erreur et de là découlent tous les vices de sa politique si manifestement contraire à sa morale. Les divers éléments de notre vie, les principes essentiels dont se compose notre nature, ne s’isolent pas ainsi les uns des autres ; il faut qu’ils soient tous réunis et se développent, à des degrés différents, dans chacun de nous. La personne humaine, si merveilleusement organisée pour vivre en société, est un tout par elle-même ; elle a conscience d’une vie, d’une liberté d action, d’une responsabilité qui lui est propre et d’une destinée particulière à remplir. C’est sur ce fondement que s’élèvent, à côté des droits de l’État, les droits non moins sacrés, ni moins évidents de l’individu. Mais il n’entre pas dans mon dessein de faire ici la critique de cette république idéale ; il me suffit d’avoir montré, qu’admettant le même principe, elle est arrivée aux mêmes conséquences que les sociétés réelles dont j’ai tracé l’esquisse.

Ainsi le communisme a été connu, il a été pratiqué par les uns, il a été rêvé par les autres dès la plus haute antiquité ; et partout où il s’est montré, dans la réalité comme dans la théorie, nous l’avons vu appuyé sur l’esclavage. Ce n’est pas l’esclavage tel qu’il a existé