Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/56

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


blier quelquefois ce qu’il y a de divin dans les créatures, elle respire le mépris le plus profond pour la vie, pour la société, pour ce monde, et s’emporte jusqu’au mysticisme. Tel est certainement le caractère qu’elle présente quand elle nous défend de prendre aucun souci de notre nourriture, de notre vêtement, et du toit qui doit nous couvrir ; quand elle ne veut pas que la pensée et le travail du jour s’étendent aux besoins du lendemain ; quand, nous montrant les oiseaux du ciel toujours assurés de leur subsistance et les lis des champs, quoiqu’ils ne travaillent pas et ne filent pas, vêtus avec plus de splendeur que Salomon dans sa gloire[1], elle nous conseille d’imiter leur imprévoyance et de nous confier tout entiers à la bonté divine. C’est dans le même esprit qu’elle nous dit de vendre ce que nous possédons et d’en partager le prix entre les pauvres, afin de nous amasser dans le ciel un trésor qui ne nous manque pas au jour du besoin, dont les voleurs ne puissent pas approcher et qui soit à l’abri des vers[2]. C’est dans le même esprit qu’elle nous exhorte à livrer notre joue aux insultes, à faire l’abandon de notre bien, non-seulement aux pauvres, mais aux voleurs ; à donner notre manteau à qui nous a pris

  1. Saint Mathieu, chap. VI. v. 25-36 ; saint Luc, chap. XII. V. 22-30.
  2. Saint Luc. chap. XII. v. 33.