Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/63

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tier, que deviendraient un grand nombre de leurs maisons, qui ne subsistent que par la fabrication d’objets de luxe ? Leur communauté, comme celle des ordres monastiques, ne pent donc se maintenir que parce qu’il y a à côté d’elle et au-dessus d’elle une organisation sociale toute différente. Cela est plus vrai encore des quakers, des shakers, des mennonites, et de tous ces sectaires moitié politiques, moitié religieux, qu'on peut appeler les moines du protestantisme.

Il y en a qui ont compris la perfection évangélique d’une tout autre manière, et qui, au lieu de la placer réellement dans l’abnégation de soi-même, dans la mort des passions, dans le mépris des richesses, ont demandé en son nom le partage des biens et l’émancipation des sens. Tels furent, du deuxième au troisième siècle de notre ère, les disciples de Carpocrate et quelques autres hérétiques attachés aux principes du gnosticisme, qui, regardant la vie comme une œuvre du mauvais génie, les actions comme indifférentes, les plaisirs du corps comme une dette qu’il faut payer au mal, déclarèrent toutes les passions légitimes, et donnèrent l’exemple de la plus honteuse promiscuité. Tels furent, du treizième au seizième siècle, les frères du Libre-Esprit qui, avec quelques différences dans les dogmes, arrivèrent en morale aux mêmes conséquences ; les dulciniens ou apostoliques, qui demandaient à la fois la communauté des biens et des femmes ; les