Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/81

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resserrant la propriété dans des limites de plus en plus étroites ; en restreignant de telle sorte le droit de transmission et de succession que l'Etat, héritant à la place des individus, demeure à la longue seul propriétaire ; en gênant les opérations commerciales et financières jusqu’à ce qu’elles cessent d’elles-mêmes ; car le commerce, comme source du luxe, des grandes fortunes, et, par conséquent, de l’inégalité, est, selon Mably, essentiellement contraire à l'esprit de tout bon gouvernement, et il approuve les anciens de l'avoir abandonné aux esclaves. Sous un régime aussi aride et aussi sombre, adieu les beaux-arts. Aussi Mably n’a t-il pas oublié de les proscrire, et c’est particulièrement à ces nobles fruits du génie de l'homme que s’attaque son austérité républicaine. « Quand je songe, dit-il, combien les talents agréables ont été funestes aux Athéniens ; combien les tableaux, les statues et les vases de la Grèce ont fait faire d’injustices, de violences et de tyrannie aux Romains ; je demande à quoi peut nous être bonne une académie de peinture. Laissons croire aux Italiens que leurs babioles honorent les nations ; qu’on vienne chercher parmi nous des modèles de lois, de mœurs et de bonheur et non pas de peinture[1]. » Quel langage ! quelles idées ! Combien ils ont

  1. Ouvrage cité, liv. II, chap. 1er.