Page:Frank - Dernier voyage de la reine de Navarre, Marguerite d’Angoulême, 1897.djvu/96

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APPENDICE.

Elle ne les écouta pas &, sur l’avis plus compétent de son médecin local, Kscuranis, elle se risqua volontiers, & maintes fois, jusqu’au salutaire « enfer » de Cauterets. Mais, malgré la portée de sa vive intelligence & ce sens inné du pittoresque, révélé en de si parfaits tableaux, on doit reconnaître que ces aspects l’énuirent d’une impression violente de saisissement plutôt qu’ils ne l’émerveillèrent. Combien pire n’imaginerons-nous pas l’impression des visiteurs vulgaires !

Les indigènes furent — pendant des siècles — insensibles aux beautés de ces spectacles. Si le sire de Béarn m parti de Morlaas vint planter son pieu (pal, pau) à l’endroit où est le château (de Pau), les autres maisons tournaient le dos au Gave , aux coteaux & à ce beau Pic-du-Midi, qui termine & couronne si bien toute la perspective "... »

D’ailleurs, rendons-nous compte de la réalité ancienne. Contemplons en pensée le val de Cauterets, non plus avec les yeux d’Abbadie en 1819, non plus^ comme de nos jours, égayé par les Thermes de la Raillère & du Bois, vers le Sud, par ceux des (Eufs sur l’Esplanade, par les Thermes de César & les Néothermes, à l’Est, avec les maisons bordant le (Jave & un ruban de route sur chaque rive, — mais fermé partout d’une enceinte inégale de rocs, tantôt éboulés, tantôt surplombants, & d’impénétrables sapinières, avec le Gave au milieu, se ruant dans une gorge resserrée où trempait directement le pied boisé de la montagne, parfois presque verticale. L’emplacement du Cauterets futur n’était ni déblayé ni visible; les cabanes s’accrochaient en zigzag aux raides talus du Pic-des-Bains^ d’où le regard, — l’ascension accomplie, — s’épouvantait de plonger aux affres du précipice. C’est donc exclusivement pour y chercher un soulagement nécessaire, & dans l’espoir d’y recouvrer la santé, qu’on bravait tout cela en montant aux sources légénératrices du Val de la Chaudière.

. Itinéraire topogr. & historique des Hautes-Pyrénêes , par M. A. A. (4 édition, Dufour, Tarbes & Toulouse, in-S").

. « Figurez-vous un petit vallon tnangLilaire, couvert de prairies émaillées, rafraîchies par des eaux jaillissantes, encadré par des montagnes qui le dominent à une prodigieuse hauteur. Au fond de ce vallon, une centaine de maisons qui offrent à plus de mille étrangers à la fois des logements aussi agréables que commodes, & vous a Lirez une idée de Cauterets & de son bassin. » {^Itinéraire topogr. & histor. .les Hautes-Pyrénées. — Voir le D’ Lahillonne, ouvr. cité, p. 8.) — La donzaine primitive de maisons avait multiplié. [Ibid., p. 7). Aujourd’hui, Ton estime à vingt mille le nombre annuel des visiteurs de Cauterets. En 1882, on comptait qu’il renfermait des lors mille huit cents indigènes et pouvait héberger à la (o]S filus de six mille étrangers.