Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/14

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pour connaître les endroits dangereux et qui savait « comme le creux de sa main » toutes les rivières du temps : Martin Pouffe sur une cage c’était l’assurance d’arriver à bon port et en peu de temps : Antoine Plouffe, père et fils, les ancêtres de notre concitoyen le Dr F. X. Plouffe qui possède chez lui de nombreux souvenirs des cageux, les deux Antoine Plouffe, dis-je, qui avaient le talent de la narration et qui donnaient aux confrères l’exemple de la plus franche gaieté. Le premier Antoine qui était marié à Rose Danis et qui établit une nombreuse famille (18) fut enterré à St-Martin le 6 Nov. 1881. Il était alors âgé de 80 ans et avait toujours vécu dans la région.

Le second époux de Angèle Meilleur qui eut 21 enfants, mourût à Hochelaga âgé de 66 ans et fut inhumé dans notre cimetière paroissial le 31 Mai 1888 ; Menuisier de son métier il avait travaillé à la construction de l’église ; Et Calixle Beauchamp qui devint plus tard cordonnier et qui aimait à aller voir à pieds ses bons amis de Ste-Thérèse lorsque les cages arrêtaient à Plouffe et qui vécut jusqu’à l’âge de 92 ans malgré les misères du temps « à coucher sur la paille, à la belle étoile et à manger de la soupe aux pois et des fèves au lard avec un salaire de famine, $10.00 ou $12.00 par mois ; » Félix Milaire, ce grand vieux si droit malgré ses 95 ans, qui avait le poignet bon pour rentrer la hache et la main sûre pour « rejoindre » le cœur d’un animal : on disait de lui qu’il était le roi des saigneurs ; Martin Clermont qui n’était pas le moins vigoureux du temps et qui la « donnaient » chaude aux « têtes de pioche d’Anglais » qui