Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/187

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JÔ-DO-SHÛ

raser les cheveux et reçut les ordres. Son nom fut alors changé en celui de Gen-kou. À l’âge de dix-huit ans, il se retira à Kourodani où il relut cinq fois les cinq mille livres du Tripitaka. C’est là qu’il espérait découvrir un moyen qui permettrait même à ceux qui ignorent et qui ne peuvent pratiquer les trois sciences[1] (San-kakan), de se dégager de leur misère. Profitant de cette occasion, il étudia le commentaire de Zen-dù dont nous avons déjà parlé, et il recommença huit fois ses recherches sur cet ouvrage. Enfin, il y remarqua dans un passage les mots suivants : « Souvenez-vous sérieusement du nom d’Amitâbha de tout votre cœur » (Is-shin-sen-nen-mi-damyô-gô). Il comprit tout à coup la pensée de Zen-dô qui enseigne dans son ouvrage que quiconque, à n’importe quelle époque, se rappelle seulement le nom de Bouddha peut naître dans la Terre-Pure après sa mort. Gen-kou abandonna les pratiques de toute sorte qu’il suivait depuis longues années, et commença à répéter le nom de Bouddha Amitâbha soixante mille fois par jour. Cela se passait en 1175, alors que Gen-kou avait l’âge de quarante-trois ans. C’est en cette même année que pour la première fois le nom de Jô-do-shù (secte de Terre-Pure) fut établi au Japon. Gen-kou fut très renommé pendant sa vie et devint le directeur spirituel des trois empereurs Taka-koura, Go-shira-kawa, et Go-to-ba. Après

  1. Ce sont : la moralité, la méditation, le savoir.