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LE DÉFRICHEUR

vail, offrit courageusement de l’accompagner pour lui servir de ménagère.

Le manque de chemin avait jusque-là empêché Jean Rivard de songer à emmener une ménagère dans son établissement ; mais l’heure était venue où il pouvait sans inconvénient se procurer ce confort.

Le nouveau chemin du Canton de Bristol se trouvait déjà achevé jusqu’à l’habitation de Jean Rivard et celui-ci, pour la première fois, put se rendre en voiture jusqu’au seuil de sa porte.

Notre héros avait fait l’acquisition d’un cheval et d’une petite charrette de voyage.

Pierre Gagnon ne se possédait plus de joie en voyant arriver son Empereur assis à côté de la mère Guilmette.

Cette dernière était une ancienne connaissance de Pierre Gagnon qui plus d’une fois avait pris plaisir à la plaisanter et à la taquiner. Il se proposait bien de l’attaquer de nouveau, car la mère Guilmette entendait raillerie, et ne laissait jamais passer une parole sans y répondre.

Pierre Gagnon avait plusieurs autres raisons d’être satisfait de ce changement. D’abord il allait faire jaser tant et plus la bonne femme sur tout ce qui s’était passé à Grandpré durant les derniers six mois, — car sous ce rapport Jean Rivard n’était pas encore aussi communicatif que le désirait Pierre Gagnon, — il allait pouvoir raconter, rire, badiner, à son cœur content. Mais ce qui valait encore mieux, il allait être déchargé de ses fonctions de cuisinier, de blanchisseur, et surtout du soin de traire la Caille. Toutes ces diverses charges se trouvaient de droit dévolues