Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/30

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— Cependant, tu sais comme il était vêtu ; avait-il une blouse ?

— Non. C’était une veste. Sous les bras, elle avait de grandes poches, et de l’une d’elles sortait à moitié un mouchoir à carreaux bleus.

— Comment était son pantalon ?

— Je ne me le rappelle pas.

— Et son gilet ?

— Attendez donc ? répondit l’enfant. Avait-il un gilet ? Il me semble que non. Si, pourtant… Mais non, je me souviens, il n’en portait pas, il avait une longue cravate attachée près du cou avec un gros anneau.

— Ah ! fit Gévrol d’un air satisfait, tu n’es pas un sot, mon garçon, et je parie qu’en cherchant bien tu vas trouver d’autres renseignements encore à nous donner.

L’enfant baissa la tête et garda le silence. Aux plis de son jeune front, on devinait qu’il faisait un violent effort de mémoire.

— Oui ! s’écria-t-il, j’ai encore remarqué une chose.

— Quoi ?

— L’homme avait des boucles d’oreilles très-grandes.

— Bravo ! fit Gévrol, voilà un signalement complet. Je le retrouverai, celui-là ; M. le juge peut préparer son mandat de comparution.