Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/396

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n’avoir pas prévenu votre demande ; je perds un peu la tête, voyez-vous.

Et, sortant de son portefeuille un billet de cent francs, il le posa sur la cheminée.

— Merci ! monsieur, dit la sœur, j’inscrirai toutes les dépenses. Nous faisons toujours comme cela, ajouta-t-elle, c’est plus commode pour les familles. On est si troublé quand on voit ceux qu’on aime malades ! Ainsi, vous n’avez peut-être pas songé à donner à cette pauvre dame la douceur des secours de notre sainte religion ? À votre place, monsieur, j’enverrais, sans tarder, chercher un prêtre…

— Maintenant, ma sœur ! Mais voyez donc en quel état elle se trouve ! Elle est morte, hélas ! ou autant dire. Vous avez vu qu’elle n’a même pas entendu ma voix.

— Peu importe, monsieur, reprit la sœur, vous aurez toujours fait votre devoir. Elle ne vous a pas répondu, mais savez-vous si elle ne répondra pas au prêtre ? Ah ! vous ne connaissez pas toute la puissance des derniers sacrements. On a vu des agonisants retrouver leur intelligence et leurs forces pour faire une bonne confession et recevoir le corps sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ. J’entends souvent des familles dire qu’elles ne veulent pas effrayer leur malade, que la vue du ministre du Seigneur peut inspirer une terreur qui hâte la fin. C’est une bien funeste erreur. Le prêtre n’épouvante pas, il rassure