Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/114

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— Voilà ! s’écria Romain fort satisfait, en présentant son œuvre à son futur professeur ; et il attendit l’effet.

Mais l’effet ne répondit pas à son espérance. Coquillet n’y vit que quatre lignes de grandeurs inégales et abominablement mal écrites.

Basquin découvrit que c’étaient des vers : même il pénétra la pointe finale et essaya vainement d’en donner la clef au prince des calligraphes.

Une seule chose l’intriguait : quels étaient ces messieurs Pinxit et Pingebat qu’on accusait de jalouser le talent de son maître ?

— Je connais pourtant ces noms-là, murmurait-il, j’ai vu ça quelque part !… Ah ! j’y suis… ce sont des artistes qui font des tableaux.

— Des tableaux ! répondit Coquillet saisissant le mot au vol ; j’en ai fait aussi, et des chefs-d’œuvre, j’ose le dire.

— Bah ! fit Caldas étonné.

— Je les ai vus, affirma Basquin, qui s’amusait du quiproquo ; il a fait les frais de cadres magnifiques ; c’est le plus bel ornement de son logis.

— Et ces tableaux sont de M. Coquillet ?

— Certainement, ils sont de moi, reprit Coquillet blessé au vif ; j’y ai réuni un spécimen de toutes les écritures connues, et je défie personne d’en faire autant.

— Je vous crois, répondit Caldas ; vous êtes, monsieur Coquillet, le Raphaël de la calligraphie.