Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/124

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Mais qui dira les émotions que donne aux employés la feuille du matin ?

On peut s’en faire une idée en assistant à l’arrivée du personnel.

Il faut aller s’installer un matin sous le péristyle du ministère de l’Équilibre, situé, comme chacun sait, dans le haut de la Chaussée-d’Antin. Il faut choisir au mois de janvier quelque jour de dégel, lorsqu’il pleut à torrents et qu’on enfonce jusqu’aux genoux dans le macadam.

Attention ! voici que commence le

STEEPLE-CHASE
À LA FEUILLE DE PRÉSENCE.

Le prix est de dix francs, non à gagner, mais à ne pas perdre.

Il est neuf heures.

Voici d’abord le bataillon des garçons de bureau. Ils sont en bourgeois ; c’est dans l’intérieur seulement qu’ils revêtiront leur livrée marron-clair. Ils arrivent lentement, par petits groupes ; leur extérieur trahit l’aisance ; si leurs paletots ne sont pas élégants, ils sont cossus, ce qui vaut mieux. Beaucoup portent la cravate