Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/126

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Dix heures moins deux minutes.

Le steeple-chase prend des allures de plus en plus vives et précipitées. Les parapluies deviennent rares. Au loin, dans toutes les directions, apparaissent les retardataires. Ils vont au pas de course, l’œil fixé sur l’horloge fatale, les coudes au corps, ils ménagent leur respiration. Ils arriveront.

En voici quatre là-bas qui arriveront peut-être. Ils sont lancés à fond de train, rien ne les arrête, ni le ruisseau grossi ni la flaque de boue.

Ah ! celui-ci n’arrivera pas : il a heurté un commissionnaire ; il y a eu de la casse ; il perd trois secondes, il est perdu !

Perdu celui là-bas que j’aperçois sur l’omnibus. Il n’y avait pas de place à l’intérieur, il s’est élancé sur l’étagère. Dix francs ou une pleurésie : il n’y avait pas à hésiter.

Il a fait coup double, perdu les dix francs et gagné la pleurésie.

Rapide comme une flèche, crotté jusqu’à l’échine, d’un bond cet autre franchit les dix marches du péristyle, il est sauvé. Merci, mon Dieu !!!

Dix heures sonnent.