Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/146

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race bénie de Jacob a le privilége exclusif de cette industrie.

L’administration, certes, n’est point chiche d’articles de bureau ; elle en donne à bouche que veux-tu. Cependant il vient tous les jours au ministère des marchands de plumes et de crayons qui font des affaires d’or.

Il est vrai que ces marchands sont des marchandes.

Caldas fut très-surpris lorsque pour la première fois il vit une jeune et jolie petite juive entrer dans le bureau de Sommier, à l’heure où le public n’entre pas.

Elle était connue des employés, qui accueillirent avec une bonne humeur galante cette distraction en jupons.

Les grivoiseries de Gérondeau l’effarouchèrent peu, mais elle lui vendit beaucoup de menus bibelots, et le riche expéditionnaire paya une quinzaine de francs au moins le délicat plaisir de débiter de triviales gaudrioles à cette petite vertu.

Nourrisson, qui n’acheta qu’un pain de savon et un pot de pommade, s’avisa d’être aussi hardi que son gros compagnon, mais il fut remis vertement à sa place.

Basquin, qui tenait à dire son mot, en fut quitte pour