Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/229

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— Vous êtes monsieur Caldas, lui dit-il, je suis, parbleu ! enchanté de faire votre connaissance. C’est vous qui, dans le Bilboquet, avez parlé si avantageusement du Gondolier des Pyrénées dont je suis l’auteur.

— Quoi ! vous seriez Saint-Adolphe ? dit Caldas abasourdi.

Saint-Adolphe s’inclina modestement.

M. Deslauriers reprit :

— J’espère qu’en entrant dans l’Administration vous ne faites pas d’infidélités à Melpomène.

— Oh ! dit Caldas, quand on veut faire son chemin…

— Eh bien, est-ce que l’un empêche l’autre ? La littérature et la bureaucratie sont sœurs. Que dis-je, l’Administration est le noviciat des grands hommes.

— Il est vrai, balbutia Romain, rougissant de cette impudente flagornerie, il est vrai que votre exemple le prouverait.

— Je ne suis pas le seul, continua Saint-Adolphe. Ainsi, nous revendiquons Dumas père, qui est entré au Théâtre-Français par le Palais-Royal ; Ancelot, qui n’a fait qu’un saut du ministère de la marine à l’Académie. Ah ! ah ! il aiguisait bien l’épigramme, Ancelot ; con-