Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/294

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Oui, il s’habituait, il prenait les allures d’une montre réglée par Bréguet : il ne retardait plus pour arriver le matin, et pour sortir il n’était pas trop en avance.

Il mangeait, buvait à heure fixe, et il y prenait un certain plaisir ; les miasmes du bureau ne l’horripilaient plus.

Tous les dimanches, sous prétexte de respirer l’air pur à la campagne, il allait se promener dans la poussière à Saint-Cloud ou ailleurs.

Il avait surpris le secret de travailler sans rien faire. Il pouvait s’occuper énormément pendant six heures à écrire soixante mots. Enfin, symptôme plus grave, deux ou trois fois il s’aperçut qu’il souriait aux plaisanteries de ses collègues.

Avouez-le, monsieur, il était temps qu’une crise décisive se produisît dans son existence.

Donc il était en train de reconquérir la réputation de bon employé, lorsqu’un matin son garçon de bureau lui remit un petit livre qui lui était adressé sous pli.

Sur la première page, il aperçut cette dédicace manuscrite :


À monsieur Romain Caldas, rédacteur du Bilboquet,
Hommage de l’auteur.