Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/48

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Mais en passant devant le Grand-Condé, elle s’aperçut que sa robe était déchirée.

— Ah ! si vous m’aimiez réellement, soupira-t-elle en lui serrant la main.

Caldas n’hésita point, – et pourtant il n’avait pas dîné. Mademoiselle Célestine eut une robe qui fit longtemps le désespoir de sa bonne amie, la forte jeune première amoureuse. Mais le souper des fiançailles se fit chez Romain. La rôtisseuse de la rue Dauphine fournit pour trois francs un frugal menu qui fut arrosé d’un petit-bleu largement baptisé.

Il monta pourtant à la tête de Romain, ce cru d’Argenteuil, si bien qu’il commit l’imprudence d’avouer à Célestine sa récente nomination au ministère de l’Équilibre national. Des rêves d’ambition se mêlaient à ses rêves d’amour. Il ne cacha pas à son amante que le plus bel avenir administratif lui était réservé. Il se voyait déjà chef de division et lui faisait présent d’une voiture attelée de deux chevaux gris pommelés.

— Je t’aimerai toujours, lui dit l’ingénue, et je viendrai chez toi tous les trente et un du mois.