Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/8

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Enfin la généreuse pensée de déconcerter à tout jamais le népotisme et de substituer le règne du mérite au régime de la faveur.

Pour cette dernière raison sans doute, on est facilement admis à subir l’examen, pourvu que l’on soit chaudement appuyé par trois ou quatre grands personnages.

Caldas avait déjà légèrement préparé les trois premiers numéros du programme qui comprend quarante-sept numéros, lorsqu’il reçut l’avis de se rendre au ministère pour y subir les épreuves écrites et orales.

Il s’y rendit fort inquiet. Les matières sur lesquelles il fallait répondre sont nombreuses et variées.

On demande aux candidats : une page d’écriture, un problème de trigonométrie, une dictée sur les difficultés les plus ardues de la langue française, une dissertation sur une question de statistique, et la géographie postale de la France.

C’est dans la salle des archives que l’examen a lieu.

Lorsque Caldas y pénétra, cent cinquante à deux cents concurrents l’y avaient déjà devancé ; il en vint encore près du double après lui.

Tout ce monde s’asseyait en silence, et des garçons de bureau donnaient à chacun une plume, une écritoire et un cahier de papier blanc.