Page:Gacon-Dufour - Réponse à M. A..., 1807.djvu/10

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plaisanterie est votre talent et que vous l’exercez sur tout. Une comédie de vous serait bien gaie). On aurait, dites-vous, facilement trouvé, après cette révocation, beaucoup de bons catholiques capables d’écrire l’histoire aussi bien que moi.

Je n’ai point assez de présomption pour en douter ; mais cette révocation n’en a pas moins causé de grands maux. C’est elle qui a enlevé à la France Rapin Thoiras, le seul bon historien qui, avant Hume, ait fait une histoire complète et impartiale de l’Angleterre.

C’est elle qui a empêché d’élever un monument public à la mémoire du plus grand homme de mer que la France eût alors, au vainqueur de Ruiter, à Abraham Duquesne, enfin, et qui a fait refuser le corps de cet illustre marin à ses en fans, qui lui avaient préparé une sépulture dans une terre étrangère.

C’est elle qui, pendant un très-grand nombre d’années, a peuplé les prisons et les galères de pères de famille honnêtes de toutes les classes, dont tout le crime était d’avoir une opinion différente de celle de leurs persécuteurs.

C’est elle qui a préparé les roues, fait élever les gibets qui ont servi à terminer les jours d’une foule de ministres pieux qui refusaient d’être hypocrites.

C’est elle qui a dicté l’ordre inhumain d’arracher les enfans aux prétendus réformés, pour les élever dans la religion catholique.

C’est elle qui a donné lieu à sept émigrations successives d’une multitude de Français, qui ont porté dans les pays étrangers leurs