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DU CANADA.

accordée à M. de Monts, son chef, qui ne reçut en retour qu’une indemnité imaginaire.

Ces deux événemens, arrivés coup sur coup, amenèrent la dissolution de la société. Les lettres qui contenaient ces nouvelles furent lues publiquement à Port-Royal, où elles causèrent un deuil universel. L’on abandonnait en effet l’entreprise au moment où le succès paraissait assuré, car dès l’année suivante la colonie aurait pu suffire à ses besoins.

Poutrincourt s’était fait chérir des Indigènes. Ils versèrent des larmes en le reconduisant sur le rivage, larmes qui font le plus bel éloge de sa conduite et de son humanité. Tel était leur respect pour les Français qu’ils ne dérangèrent rien dans les habitations qu’ils avaient abandonnées ; et que, quand ils revinrent trois ans après, ils trouvèrent le fort et les maisons dans l’état dans lequel ils les avaient laissés, les meubles étant même encore à leur place. C’est en 1607 que Port-Royal fut ainsi abandonné.

Mais Poutrincourt était parti avec la résolution de revenir, s’il pouvait trouver quelque citoyen riche pour s’associer à son entreprise, de Monts s’en étant retiré tout-à-fait. Des personnes de qualité l’amusèrent d’abord pendant deux ans de leurs vaines promesses. Voyant que ces négociations n’avaient aucun résultat, il tourna les yeux ailleurs, et forma