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DU CANADA.

c’était tout ce que l’on demandait. La marquise acheta en outre les droits que de Monts avait sur toute l’Acadie, et qu’elle se promettait de faire revivre. Poutrincourt se trouva complétement à sa merci. Son fils signa un arrangement avec elle, par lequel la subsistance des missionnaires devait être prise sur le produit de la pêche et du commerce des pelleteries.

Cette dame qui ne faisait rien sans l’avis des Jésuites, les fit entrer encore dans le partage des profits de la traite, ôtant ainsi, selon Lescarbot, à ceux qui auraient eu la volonté d’aider à l’entreprise, le moyen d’y prendre part. « S’il fallait donner quelque chose, continue ce judicieux écrivain, c’était à Poutrincourt, et non au Jésuite qui ne peut subsister sans lui. Je veux dire qu’il fallait premièrement aider à établir la république, sans laquelle l’Église ne peut être, d’autant que, comme disait un ancien évêque, l’Église est en la république, et non la république en l’Église. »

Les profits que rendaient les pelleteries se trouvèrent ainsi en partie absorbés pour le soutien des missions au détriment de Port-Royal. Les protestans et les catholiques, partisans de la politique de Sully, composaient ce qu’il y avait de plus industrieux en France, et étaient par cela-même plus favorables aux améliora-