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DU CANADA.

de la Nouvelle-France ; s’il fallait expulser une des deux religions, il aurait mieux fallu, dans l’intérêt de la colonie, faire tomber cette exclusion sur les catholiques qui émigraient peu ; il portait un coup fatal au Canada en en fermant l’entrée aux Huguenots d’une manière formelle par l’acte d’établissement de la compagnie des cent associés.

Jusqu’à cette époque, il est vrai, ils en avaient été tenus éloignés d’une manière sourde et systématique,[1] tout comme après la conquête on a longtemps repoussé les Canadiens français du gouvernement, et comme ils le sont encore aujourd’hui de certains départemens publics ; mais il s’en introduisait toujours quelques uns. Ce ne fut que quand Richelieu eût écrasé les Huguenots à la Rochelle, qui fut prise en 1628, que l’on ne se crut plus obligé de les ménager, et qu’ils furent sacrifiés à la vengeance de leurs ennemis victorieux. Le système colonial français eût eu un résultat bien différent, si on eût levé les entraves qu’on mettait pour éloigner ces sectaires du pays, et si on leur en eût laissé les portes ouvertes.

L’on va voir tout à l’heure que le premier fruit de cette funeste décision, fut la conquête du Canada, au profit de l’Angleterre, par ces

  1. Il paraît enfin qu’il fut conclu (1616)… qu’à l’avenir les Huguenots en fussent exclus…
    Premier établissement de la foi dans la N.-F. par le P. Leclerc.