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DU CANADA.

leurs ancêtres. D’autres fois le corps était séché, et gardé dans un cercueil jusqu’à la fête des morts, qui avait lieu tous les 8 ou 10 ans. C’était la cérémonie la plus célèbre chez les Indiens.

Lorsque l’époque de cette fête lugubre était arrivée, ils se réunissaient pour nommer un chef. Ce chef faisait inviter les villages voisins. Au jour fixé, tout le monde plongé dans la plus grande tristesse, se rendait en procession au cimetière, où l’on découvrait tous les tombeaux qui étaient livrés de nouveau à la lumière du jour et aux regards des vivans. La foule contemplait longtemps dans un morne silence ce spectacle, si bien fait pour inspirer les réflexions les plus sérieuses, tandis qu’une femme poussait des cris plaintifs. Ensuite l’on ramassait les os des morts, après en avoir enlevé avec de l’eau, les chairs non encore réduites en cendres. Ces ossemens étaient recouverts avec soin de peaux de castor ; et l’on chargeait sur ses épaules les précieux restes de ses parens, et la procession regagnait le village aux accords des instrumens et des voix les plus belles. Chacun déposait en arrivant dans sa hutte ce fardeau sacré avec tous les signes de la douleur, et donnait un festin en mémoire des défunts de la famille. Les jours suivans étaient remplis par des fêtes, des