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HISTOIRE

caractériser l’enfance des peuples ; et que plus on pénètre dans la structure d’un grand nombre d’idiômes, et plus on se défie de ces grandes divisions de langues, en langues synthétiques et langues analytiques, qui n’offrent qu’une trompeuse simplicité.[1]

On s’est demandé quelquefois si les hommes de la race rouge étaient doués de facultés intellectuelles aussi puissantes que ceux de la race européenne. Si la même question avait été faite aux Romains, sur les barbares qui envahissaient leur empire, ils auraient probablement répondu comme nous le faisons aujourd’hui à l’égard des Sauvages. En vain veut-on tirer des déductions, pour expliquer les efforts infructueux qu’on a faits pour les civiliser, de la conformation physique de leur crâne et de leur figure, même de leur teint, elles seront toujours entachées de l’esprit de système, répudié avec raison de nos jours dans la solution

  1. On lit dans le second entretien du comte de Maistre, que le Sauvage est le descendant dégénéré d’un homme civilisé. « Par une suite de la même erreur on a pris, dit-il, les langues de ces Sauvages pour des langues commencées, tandis qu’elles sont et ne peuvent être que des débris de langues antiques, ruinées s’il est permis de s’exprimer ainsi, et dégradées comme les hommes qui les parlent. » C’est à ce sujet que cet écrivain plein d’imagination exprime l’opinion, que les castors, les hirondelles et les abeilles sont des êtres dégénérés ! Soirées de St.-Petersbourg.