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DU CANADA.

premières charges comme on le verra dans le cours de cette histoire, lorsqu’ils en avaient l’aptitude.

Le conseil souverain formé de cinq, puis de douze membres, nommés tous les ans par le gouverneur et l’évêque en vertu des pouvoirs à eux délégués par le roi, ne pouvait être composé naturellement que de leurs créatures.

Tant que M. de Pétrée balança l’autorité et le pouvoir des gouverneurs, il y eut une opposition dans le conseil, qui se trouva partagé en deux partis ; mais aucun de ces partis n’était réellement un parti populaire, quoique l’un ou l’autre s’appuyât alternativement de l’opinion publique. Lorsque le prélat eut perdu son influence à la cour, le conseil devint entièrement la créature du représentant du roi, qui ne rencontra plus d’obstacle sérieux dans l’exécution de ses volontés et des ordres de la métropole. Si, dans quelques rares occasions, ce corps osa différer d’opinion d’avec son chef sur quelque point important, l’on peut dire presqu’avec certitude que ce dernier attaquait l’intérêt de l’oligarchie, espèce de caste privilégiée qui s’implante dans toutes les colonies qu’elle exploite et gouverne, et à laquelle ce pays doit principalement le résultat de la guerre de 1755, et les troubles qui ont de nos jours ensanglanté ses rives paisibles, sur les-