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DU CANADA.

Effrayés, les Onneyouths s’empressèrent d’envoyer des ambassadeurs à Québec, pour conjurer l’orage. Ils étaient aussi, dit-on, chargés des pleins pouvoirs des Agniers, dont les bandes continuaient cependant la guerre, et venaient de massacrer encore trois officiers qu’ils avaient surpris, dont un neveu du vice-roi. Malgré cela, la négociation aurait probablement réussi, sans l’insolence barbare d’un chef Agnier qui s’était joint à la députation, et qui étant à table un jour chez le marquis de Tracy, leva le bras en disant que c’était ce bras qui avait tué son neveu. Ce propos excita l’indignation de tous les assistans. Le vice-roi lui répondit qu’il ne tuerait plus personne, et à l’instant même des gardes l’entrainèrent hors de la salle, et il fut étranglé par la main du bourreau. Cette justice qui ne peut être justifiée que par la nécessité où l’on était d’en imposer à ces barbares par la frayeur, ne laissa pas, toute sommaire qu’elle était, que d’avoir un bon effet.

Cependant M. de Courcelles, ignorant ce qui se passait dans le capitale, parvint chez les Agniers après une marche pénible de 700 milles au milieu des forêts et des neiges, se tenant toujours à la tête de ses troupes et portant ses provisions et ses armes comme le dernier des soldats. La milice canadienne qui