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DU CANADA.

marins et ouvriers, des ancres, des voiles, etc. pour équiper des navires sur les lacs. En arrivant à Québec, il s’achemina vers Catarocoui sans perdre de temps, avec les marchandises qu’il apportait pour trafiquer avec les Indiens. Sa brûlante énergie donna de l’activité à tout. Dès le 18 novembre, le premier brigantin qu’on eût encore vu sur le lac Ontario, sortait du port de Catarocoui (Kingston) à grandes voiles chargé de marchandises et d’objets nécessaires pour la construction d’un fort et d’un nouveau vaisseau à Niagara, second poste dont son entreprise nécessitait l’établissement. Cette première navigation fut assez heureuse. Lorsqu’on arriva à la tête du lac Ontario, les Sauvages de ces quartiers restèrent longtemps dans l’étonnement et l’admiration devant le navire ; tandis que de leur côté les Français qui n’avaient pas vu la chute de Niagara, ne pouvaient cacher leur profonde surprise à l’aspect de tout un fleuve se précipitant d’un seul bond dans un abime de 160 pieds, avec un bruit qui s’entend à plusieurs lieues de distance.

Cependant la Salle fit débarquer et transporter la cargaison du brigantin au pied du lac Erié, pour commencer la construction du fort et du vaisseau. Mais lorsque les Indigènes virent s’élever le fort, ils commencèrent à craindre et à murmurer. Afin de ne point s’atti-