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DU CANADA.

nouvelle de la retraite de l’armée y causa la plus vive indignation ; et le colonel March qui était resté avec la flotte à Kaskébé, n’osant paraître devant ses concitoyens, reçut ordre de ne laisser débarquer personne et d’attendre des directions ultérieures. Il fut résolu de venger cet échec sur le champ. Trois vaisseaux et 5 à 600 hommes furent ajoutés à l’escadre de March, et, ainsi renforcé, dès le 28 août il reparut devant Port-Royal. La surprise et la consternation y furent au comble parmi les habitans, qui regardèrent comme une témérité de vouloir se défendre contre des forces si supérieures. M. de Subercase seul ne désespéra point ; et son assurance releva le courage des troupes ; après le premier moment de torpeur passé, chacun ne songea plus qu’à remplir fidèlement son devoir. Les ennemis attendirent au lendemain pour opérer leur débarquement ; et c’est ce qui sauva la place, car on eut le temps d’appeler les hommes de la campagne.

Les Anglais descendirent à terre du côté de la rivière opposé à la ville, et s’y fortifièrent. Des partis que M. de Subercase y avait détachés pour les surveiller, les empêchèrent de s’éloigner de leur camp que les bombes les obligèrent bientôt d’évacuer. Dans une marche ils tombèrent au nombre de 14 à 1500 dans une am-