Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome II, 1846.djvu/340

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
340
HISTOIRE

ment il désarmait ces barbares, mais il les détachait tout à fait des Anglais, en achevant de les persuader que leur intérêt était au moins de rester neutres dans les grandes luttes des blancs qui les entouraient. C’était assurer la tranquilité des Canadiens, qui purent dès lors se livrer entièrement à l’agriculture et au commerce, libres de toutes les distractions qui avaient jusqu’ici continuellement troublé leurs entreprises. À aucune autre époque, excepté sous l’intendance de M. Talon, le commerce ne fut l’objet de tant de sollicitude de la part de l’autorité, que pendant les dernières années de l’administration de M. de Vaudreuil. Cette importante matière occupa presque constamment ce gouverneur. Si les décrets qui furent promulgués à cette occasion, sont fortement empreints des idées du temps, et de cet esprit exclusif qui a caractérisé la politique des métropoles, ils annoncent toujours qu’on s’en occupait

Un des grands embarras qui paralysaient alors le gouvernement canadien, c’était le désordre des finances si étroitement liées dans tous les pays au négoce. Les questions les plus difficiles à régler sont peut-être les questions d’argent, aux temps surtout où le crédit est détruit. Aujourd’hui les besoins du luxe et des améliorations sont si grands, si pressans,